Pêche au coup

 

 

Mateo, comme un grand.

Pêche coup.

Pour pêcher au coup, inutile de chercher à frapper qui que ce soit. Comme son nom ne l’indique pas, cette pêche se pratique avec le maximum de discrétion, sous peine de sentence irrévocable de bredouille. Et je sais de quoi je parle en terme de bredouille.

Le matériel peut-être très rudimentaire comme très sophistiqué, selon les moyens financiers ou le snobisme des pratiquants. On peut être parfaitement bien équipé à moindre coût, le poison s’en fiche complètement.

Qui n’a pas entendu ces anecdotes de vieux pécheurs « …nous de not’ temps, on pêchait avec une baguette de noisetier, du fil à coudre et une épingle recourbée…et on en prenait du poiscaille ! ». J’ai essayé étant petit, ça ne marche pas ! Par contre j’ai réessayé il y a quelques années à peine. Juste pour rire avec mon petit frère et bien croyez moi ou pas, j’ai pris du poisson. Certes, c’était dans un bassin, mais ça a fonctionné.

Si l’on veut pratiquer avec un minimum de sérieux il faut opter pour canne de quelques mètres, un peu de fil nylon adapté au poisson recherché et d’un hameçon bien affuté.  L’accessoire magique de cet ensemble est le bouchon !

Bouchon qui n’a de commun avec son homonyme que la matière dont il est souvent constitué, à savoir le liège. Et comme son cousin le bouchon de bouteille, on en trouve également en plastique. Ce bouchon grimé de couleurs visibles et chatoyantes sera l’indicateur la gourmandise inconsciente des êtres aquatiques vivant dans ces fonds mystérieux.

Quelle excitation lorsque cet objet aux faux airs d’Arlequin plonge brusquement sous la surface. D’un savant mouvement du poignet, le pêcheur arrache la proie de son milieu pour l’amener délicatement dans l’épuisette, la libérer de cet hameçon barbare et jeter la bête dans un seau empli d’eau au préalable.

Heureusement pour la conscience du pêcheur, le poisson ni ne pleure, ni ne crie.  Si tel n’était pas le cas, y aurait-il autant de pêcheurs au bord des rivières ou sur nos océans?

Non le poisson ne se plaint pas, au contraire il vous regarde avec ces yeux ahuris vides de la moindre étincelle d’émotion.

Sans broncher il laisse le pêcheur lui ôter l’hameçon fiché dans la bouche, à l’aide de cet instrument au nom barbare: le dégorgeoir!

Sans état d’âme, le pêcheur recommencera tous ces gestes. Les poissons reviendront sur le coup. L’eau coulera sous les ponts.Bredouilles et bourriches pleines se succèderont.Et ainsi va le monde comme disait un un ami pêcheur et chasseur à ses heures.

Il faudrait plus d’une vie pour maitriser la pêche au coup et pourtant c’est à la portée d’un enfant.

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